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La folie des fusions-acquisitions est de retour!                                               

Lire également l'article sur Investir.ch - 01/11/2017   

 

Actelion rachetée par Johnson & Johnson pour 30 milliards de francs en début d’année, Kite Pharma acquise par Gilead pour 12 milliards de dollars quelques mois plus tard.

2017 marque à l’évidence le retour des grandes manœuvres dans le secteur de la santé après une année 2016 durant laquelle le montant des opérations de fusions-acquisitions avait reculé de 43% selon Dealogic.

A l’origine de cette vigueur retrouvée, une combinaison de facteurs politiques, stratégiques et financiers.

 

L’industrie de la santé retrouve de la sérénité

 

Une visibilité qui s'améliore
 

Sur le plan politique d’abord, les pressions sur l’industrie pharmaceutique et plus spécifiquement sur le prix des médicaments, qui avaient animé la campagne présidentielle américaine l’an dernier au travers de commentaires et de tweets ravageurs, ont sensiblement diminué ces derniers trimestres.

Même si un coup d’éclat du Président Trump sur Twitter n’est jamais à exclure, on voit mal comment une administration, qui a les plus grandes difficultés à faire passer sa réforme de la santé depuis de nombreux mois, pourrait imposer une baisse drastique du prix des médicaments.

Dans le même temps, les changements à la tête de la Federal Drug and Food Agency (FDA), la toute puissante agence autorisant la mise sur le marché des médicaments aux Etats-Unis, devraient se traduire par une accélération du processus d’approbation et du rythme de commercialisation de nouveaux médicaments. La FDA a ainsi déjà annoncé un programme accéléré (fast-track) d’approbation et de mise sur le marché en faveur des grands noms de la technologie (Apple, Google, Samsung, Fitbit…) pour leurs appareils digitaux avec des fonctionnalités médicales.

Cerise sur le gâteau, cette initiative de la FDA trouve écho en Chine, deuxième marché pharmaceutique mondial, où le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles règles visant à accélérer la sortie de médicaments et appareils médicaux, notamment la possibilité pour les entreprises d’utiliser les tests cliniques réalisés hors de Chine.

Pour résumer la situation, moins de pression sur les prix et plus de produits : l’industrie de la santé retrouve de la sérénité sur ses deux principaux marchés.

 

Evolution des approbations par la FDA

Note: en 2017 approbation depuis le début d’année jusqu’au 28 sept.2017                                                      Source: AtonRâ Partners, FDA.gov

 

La consolidation a tout son sens dans une industrie mature

 

Sur le plan stratégique ensuite, les opérations de fusions-acquisitions apparaissent comme la réponse naturelle aux nombreux défis rencontrés par l’industrie pharmaceutique, à savoir faiblesse de la croissance, la déchéance des brevets des blockbusters et l’augmentation des coûts de recherche et de réglementation.

Quoi de mieux en effet pour une grande entreprise pharmaceutique, biotechnologique ou de technologie médicale que de racheter un acteur spécialisé sur une thérapie innovante ou sur des produits prometteurs afin de dynamiser son profil de croissance ?

Ou encore de se rapprocher d’un autre acteur afin de générer des synergies de coûts et donc d’accélérer sa croissance des bénéfices ?

Les fusions-acquisitions sont bien souvent un moyen efficace de relancer croissance des revenus et de réduire les coûts dans les industries matures : l’industrie de la santé n’échappe pas à la règle.

 

La réforme fiscale américaine est un catalyseur majeur

 

Sur le plan financier enfin, la réforme fiscale américaine devrait inciter les entreprises américaines à rapatrier les montagnes de cash qu’elles détiennent à l’étranger (en échange d’un impôt de 10%) et à en faire usage pour de grandes opérations sur le marché domestique.

Ajoutons à cela des bilans très solides (le ratio dette nette / EBITDA est en moyenne inférieur à 1x) et des taux d’intérêt très faibles et la puissance de feu des grandes sociétés pharmaceutiques, biotechnologiques et de technologie médicale (MedTech) ne laisse aucunement place au doute.

 

Ratios dette nette/ EBITDA faibles

                                                                                                                                   Source : AtonRâ Partners, Bloomberg

 

A la clé pour ces grands acteurs : une augmentation du sacro-saint BPA (bénéfice par action), une augmentation de leurs multiples de valorisation (liée à l’amélioration du profil de croissance) voire, parfois, les deux en même temps.

Si le paysage est ensoleillé, encore faut-il trouver les meilleurs endroits pour en profiter.

 

Maladies orphelines et technologies médicales au sommet des cibles potentielles

 

De toute évidence, les laboratoires développant des médicaments pour les maladies orphelines devraient figurer au rang des priorités pour les grands groupes pharmaceutiques et biotechnologiques.

En effet, la plupart des développements se font aujourd’hui sur ce segment. D’une part, les progrès de la génétique mettent en lumière un nombre croissant de maladies rares (on s’aperçoit ainsi aujourd’hui qu’il y a plus de 150 formes de cancers) et de personnes touchées. D’autre part, le prix des médicaments 5 à 10 fois supérieur à celui des autres médicaments et l’exclusivité de 7 ans accordée par la FDA pour une indication donnée sont source de profitabilité.

Après le rachat de Kite Pharma par Gilead Sciences, Spark Therapeutics apparaît comme l’une des cibles potentielles dans ce domaine. La société, spécialisée en thérapie génétique et notamment dans le traitement d’un gène responsable d’une forme rare de cécité (à travers son remplacement), devrait recevoir l’approbation de la FDA en janvier 2018.

La MedTech et l’informatique médicale seront à l’évidence l’autre grand théâtre d’opérations de fusions-acquisitions, alors que ces industries sont sur le point d’être dramatiquement bouleversées par les géants de la technologie.

Un développement dans le secteur de la santé aurait beaucoup de sens pour des sociétés comme Apple et Google (pour ne citer qu’elles), qui pourraient trouver un moyen de renforcer la relation avec leurs clients/utilisateurs via la vente d’appareils (smartphones, montres, lunettes) avec des fonctionnalités médicales. De plus, l’industrie de la santé est gigantesque et représente donc un relais de croissance puissant pour les années à venir.

Un tel développement est possible de nos jours car les diverses technologies et la biologie convergent. Quelques exemples récents incluent les capteurs développés par Apple pour mesurer le niveau de glucose des diabétiques, les lentilles intelligentes de Google pour corriger la presbytie ou encore les implants crâniens d’Elon Musk (Tesla) et de Facebook destinés à soigner les maladies dégénératives du cerveau (telles que Parkinson) et permettre au cerveau de communiquer avec des machines…

Selon nous, les grands noms de la technologie pourraient ainsi être amenés à acheter des acteurs spécialisés, notamment dans le domaine des objets connectés (télémétrie cardiaque, mesure du glucose, injection d’insuline…) ces prochains trimestres.

Avec des primes d’acquisition qui se situent en général entre 40% et 100%, la thématique des fusions-acquisitions dans le secteur pharmaceutique est des plus prometteuses.

 

Pour en savoir plus sur la thématique Healthcare M&A:

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Des cartes graphiques aux hommes bioniques, la technologie entre dans une nouvelle ère
Article publié sur LeTemps.ch
- 24/09/2017  

 

Longtemps abonné aux phases de «boom & bust», le secteur technologique est devenu mature. Les acteurs qui vont en profiter et ceux à éviter, analysés par un investisseur genevois très orienté sur la recherche

 

Une bulle? Quelle bulle? «La technologie n’est plus un secteur cyclique, nous nous trouvons à un point d’inflexion qui ouvre sur une période de croissance structurelle durable», lance Stefano Rodella, un gérant genevois spécialisé dans les investissements thématiques. Sa société AtonRâ s’est fait remarquer pour ses performances, son produit sur l’intelligence artificielle et la robotique a ainsi gagné 85% depuis octobre 2016, ce qui représente une surperformance de quelque 60% par rapport au Nasdaq ou au MSCI World. Avec 250 millions de francs sous gestion, AtonRâ a une approche fondée sur la recherche – son métier d’origine – et l’analyse avec un biais industriel. Sa thèse: le contenu technologique dans tous les secteurs d’activité va progresser, tandis que les barrières à l’entrée vont sans cesse être relevées.

A la base de ce scénario se trouvent l’augmentation de la puissance de calcul, obtenue grâce aux cartes graphiques de nouvelle génération, et l’expansion du stockage à distance (cloud). «Les cartes graphiques constituent une sorte d’entonnoir, le passage obligé pour l’intelligence artificielle et tous les développements technologiques qui en découlent», résume Stefano Rodella, qui collabore avec trois doctorants afin de «comprendre les bases» de ce nouveau monde technologique.
 

Explosion des cartes graphiques
 

En conséquence, AtonRâ a investi dans les deux principaux producteurs de cartes graphiques au monde, Nvidia et AMD. Deux titres multipliés par environ 8 et 7 respectivement en deux ans. Toujours dans le «hardware», des fabricants de semi-conducteurs bénéficient de l’expansion de l’internet des objets à travers la fourniture de capteurs. «Historiquement très cyclique, ce secteur affiche maintenant des cycles plus longs grâce à l’innovation et à de multiples relais de croissance», précise Brice Mari, portfolio manager chez AtonRâ.

Autre domaine favorisé par les nouvelles technologies: le paiement mobile. Sa croissance est jouée à travers les sociétés qui effectuent le back-office des transactions électroniques effectuées par carte et, de plus en plus, via smartphone. Des acteurs comme le français Worldline, l’allemand Wirecard ou l’américain Global Payments remplissent le rôle de «tuyau entre le terminal de paiement et la société émettrice de carte», résume le spécialiste.

Les fintech constituent le troisième pôle de croissance auquel croit AtonRâ. Parmi les sociétés technologiques actives dans la finance, les fournisseurs de logiciels bancaires comme Temenos et de nombreux acteurs américains fournissent des outils aux nombreuses plateformes de banques en ligne qui émergent. «Ces spécialistes des softwares ne seront pas «disruptés» à court terme, mais à un horizon plus lointain, certainement», tempère Stefano Rodella.
 

L’homme bionique existe déjà
 

AtonRâ a également lancé un certificat (la société ne gère pas de fonds pour le moment) sur le thème de la santé, mais toujours avec une composante technologique. «Dans la medtech ou la biotech, des produits qui semblaient futuristes il y a cinq ou dix ans sont devenus des réalités, poursuit le gérant. La bionique, qui réunit la biologie et l’électronique, prend plusieurs formes, à commencer par les membres artificiels.»...

 

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